


Ce n’est qu’après la création de la place des Vosges que la noblesse s’y installa et construisit de nombreux palais somptueux comme le Rohan, le Sully, l’Aumont, l’Hallwyll, le Guénégaud, le Carnavalet… Puis, au milieu du XVIIIe siècle, le quartier n’était plus en vogue et des artisans arrivèrent à la place des nobles, accompagnés de leurs ouvriers et ils transformèrent les cours en ateliers.

C’est dans cet arrondissement que se trouve la plus courte rue de la capitale, la rue des Degrés qui, sur le plan de Paris, apparaît comme un trait d’union très court entre la rue Beauregard et la rue de Cléry. Son nom vient du fait que la rue est intégralement constituée d’un escalier de quelques mètres de long et qu’il n’y a pas une seule porte dans les murs des maisons situées sur les côtés. Autre curiosité, c’est dans les ruelles du quartier des Arts et Métiers que vit la plus ancienne communauté chinoise de Paris, dont les membres sont arrivés il y a un siècle.
Conservatoire national des Arts-et- Métiers
280, rue Saint-Martin
Métro : Arts-et-Métiers




Sur le mur de l’ancienne sacristie, au numéro 4 de la rue Cunin-Gridaine, se trouve un cadran solaire datant de 1686. Une peinture très défraîchie représente l’évêque ainsi qu’une inscription où il est écrit : “Le soleil règle nos heures, Saint-Nicolas nos mœurs”.
Musée des Arts-et-Métiers
60, Rue Réaumur
Métro : Arts-et-Métiers

Dans la section de la technique appliquée à l’industrie on trouve de vieux poteaux télégraphiques avec des cloches en céramique, la machine de coulée continue de l’acier, de nombreux véhicules dont un vélocipède, un tricycle à vapeur, une montgolfière et une maquette de tramway. Dans une petite salle se trouvent des automates et dans les vitrines il y a des tableaux animés et des boîtes à musique.
Dans la section dédiée aux matériaux on peut voir de tout, du métier à tisser rudimentaire en bois au métier Jacquard avec les cartes perforées utilisées pour la chaîne. Dans la section dédiée aux communications, on trouve le premier système d’enregistrement d’images sous sa forme numérique originale, une presse à bras du XVIIIe siècle, le télégraphe de Chappe, le cinématographe de Lumière et l’électrophone Teppaz des années 1950.

Il y a un modèle réduit de la statue de la Liberté. Dans la chapelle de l’ancien prieuré de Saint-Martin-des-Champs se trouve le pendule de Foucault, au mouvement imperceptible, qui a été utilisé lors de l’exposition universelle de 1855. Au plafond de l’église est suspendu l’avion avec lequel Blériot a traversé la Manche en 1909.
Marché des Enfants- Rouges
39, Rue de Bretagne
Métro : Arts et Métiers

L’institut est resté ouvert pendant deux siècles et les pensionnaires étaient appelés les Enfants Rouges en raison de leur uniforme qui était de cette couleur. Le marché situé juste à côté a été classé monument historique, pour le sauver de la spéculation immobilière et pour sauver la ville par la même occasion, étant donné qu’une voyante avait prédit que si ce marché disparaissait, Paris disparaîtrait aussi. À l’intérieur du marché, on trouve de nombreux petits restaurants.

L’ange de Turbigo
57, Rue de Turbigo
Métro : Étienne Marcel, Arts et Métiers, Temple

L’ange de la rue Turbigo a donné son nom au titre d’un roman ésotérique et est apparu dans un film documentaire d’Agnès Varda.
Maison de Nicolas Flamel
51, Rue de Montmorency
Métro: Rambuteau, Arts et Métiers


Musée d’Art et d’Histoire du judaïsme
71, rue du Temple
Métro : Rambuteau ou Hôtel-de-Ville



Jardin Anne-Frank
Impasse Berthaud
Métro: Rambuteau

Horloge à automates
8, rue Bernard-de-Clairvaux
Métro: Rambuteau

Archives nationales
Rue des Francs- Bourgeois, 60
Métro : Rambuteau, Hôtel-de-Ville


Musée de la Chasse et de la Nature
62, rue des Archives
Métro: Rambuteau, Arts et Métiers

Dans les grandes salles et les petites pièces, de nombreuses peintures anciennes représentent notamment la faune sauvage des cinq continents. Les animaux de Rubens côtoient ceux de Jeff Koons et la louve de Rome côtoie le loup dévorant des agneaux… Il y a également de nombreux objets d’art – assiettes, vases, modèles en terre cuite – représentant des scènes de chasse. Dans les tiroirs de certaines armoires, on trouve des crânes d’animaux, des empreintes en plâtre et des excréments que le visiteur est invité à reconnaître… Il y a aussi des sujets et des matériaux issus de l’environnement marin.
Dans la salle des Trophées se trouve un sanglier albinos qui semble suivre le visiteur du regard ainsi que de nombreux autres animaux empaillés. La collection de fusils comprend de nombreuses crosses incrustées d’ivoire et de nacre, qui sont de véritables œuvres d’art.
Église Sainte-Croix de Paris des Arméniens
13, rue du Perche
Métro: Rambuteau


Impasse des Arbalétriers
Métro : Saint-Paul

Dans l’impasse se trouve le centre culturel suisse qui accueille souvent des expositions d’artistes suisses contemporains.
Musée Cognacq-Jay
8, Rue Elzévir
Métro : Saint-Paul, Chemin-Vert, Rambuteau


Musée Carnavalet
23, Rue de Sévigné
Métro: St-Paul

Il existe de nombreux objets liés à la Révolution. La prise de la Bastille est représentée non seulement dans des tableaux, mais aussi dans une sculpture réalisée à partir d’un bloc de pierre extrait de ses murs. Dans certaines vitrines, on trouve des pièces provenant de la prison du Temple: le couteau à palette de Louis XVI, ses soldats de plomb et la chaise à porteurs de Marie-Antoinette. Parmi les chambres
d’écrivains reconstituées, il y a celle de Proust, tapissée de panneaux de liège.

Jardin de l’hôtel Carnavalet – Au numéro 16 de la rue des Francs-Bourgeois se trouve le beau jardin à la française du musée, avec ses buis nains admirablement taillés et ses parterres de fleurs formant des broderies avec leurs magnifiques variations de couleurs.
Musée Picasso
4, rue de Thorigny
Métro: St. Paul

Buffet d’eau du jardin de l’hôtel Salé – À la hauteur du numéro 101 de la rue des Coutures-Saint-Gervais se trouve l’entrée du jardin du musée. Le jardin est particulièrement beau de nuit, lorsque la façade du bâtiment peut être admirée derrière un buffet d’eau, un bassin en gradins qui crée un effet de cascade bien éclairé.
Temple de l’Humanité
Le bâtiment de la rue Payenne est dédié à Auguste Comte, fondateur du positivisme. Cette philosophie préconise de ne croire qu’aux vérités obtenues par une méthode scientifique et dont la doctrine de base est l’agnosticisme relativiste. Le bâtiment avait été construit en 1642 par l‘architecte Mansart pour lui-même et a été acheté par l’église positiviste du Brésil au début du XXe siècle. Clotilde de Vaux, inspiratrice d’Auguste Comte, y vécut.
Sur la façade du Temple de l’Humanité, sous l’enseigne “Religion de l’Humanité”, on peut lire l’inscription “L’amour pour principe et l’ordre pour base, le progrès pour but”. À l’intérieur du bas-relief en forme d’arc brisé se trouve l’inscription « Vergine Madre, Figlia del tuo Figlio » (Vierge Mère, Fille de ton Fils). Au premier étage se trouve une chapelle qui est une copie à échelle réduite de celle imaginée par Comte, avec le calendrier positiviste niché dans des arcs adossés au mur. Sur l’autel, une allégorie symbolise l’Humanité tenant l’Avenir dans ses bras.
Le Centre culturel suédois est l’unique en Europe. Il siège à l’hôtel de Marle, du nom du conseiller au parlement qui l’avait acheté en 1572. Il est dédié à la reine Christine de Suède, une femme très cultivée et aux idées modernes, qui avait également invité le philosophe Descartes dans son pays. En 1654, Christine abdiqua et elle commença dès lors à voyager à travers l’Europe. Après s’être convertie au catholicisme, elle décida de s’installer à Rome, où elle fonda l’Académie des Arcades, qui rassemblait de nombreux poètes.
Jardin de l’hôtel de Marle – Le beau jardin classique abrite de nombreuses sculptures, pour la plupart contemporaines. L’une d’entre elles est dédiée au médecin et naturaliste suédois Linnaeus.
Ce square bordé d’arbres est dédié à un artiste et écrivain qui fut également conservateur du musée Carnavalet. Il a été créé en 1913, à l’emplacement du jardin de l’hôtel Le Pelletier de Saint-Fargeau. Il abrite quelques vestiges archéologiques, dont un fronton représentant une allégorie de la Vérité provenant du palais des Tuileries et une rosace qui faisait partie de l’ancien Hôtel de Ville de Paris. Il y a neuf pierres, dont l’une porte l’inscription : « Sous Tibère César Auguste, les bateliers parisiens ont élevé cet autel à Jupiter, très bon, très grand ». D’autres pierres, trouvées en 1711 sous le chœur de l’église Notre-Dame, ont confirmé que, sous Tibère, la corporation des bateliers de la Seine avait érigé sur les rives du fleuve un monument religieux dédié à Jupiter, surmonté d’une statue du dieu. On y trouve également quelques ruines de l’orangerie construite par Michel Le Pelletier en 1690.
La statue de femme provient des jardins de Saint-Cloud et est l’œuvre de Maillol. Elle représente le corps gracieux d’une jeune fille debout au milieu d’une roseraie et s’intitule Île-de-France.
L’hôtel d’Ecquevilly est appelé « du Grand Veneur » car son propriétaire était capitaine général de la chasse pour le compte du roi. Son entrée se trouve au numéro 60 de la rue de Turenne. Il date du XVIIIe siècle et sa façade est ornée de bas-reliefs évoquant le jardinage : on y trouve un arrosoir, une faux et un râteau. Le jardin a été créé en 1988 et la partie la plus remarquable est la roseraie. On y trouve des roses de Provins utilisées pour les gâteaux et les confitures, des roses de Damas apportées en Europe par les croisés, puis des rosiers buissons et des rosiers grimpants, dans un désordre apparent. Il est agréable de se promener dans les allées et de s’enivrer de leur parfum ou de s’asseoir sur un banc, au soleil ou à l’ombre des érables, et de se laisser aller à la rêverie.
On raconte que dans un immeuble situé au numéro 1 de la rue Saint Claude, près de l’église Saint-Denis du Saint-Sacrément, Giuseppe Balsamo, dit Cagliostro, aurait vécu dès le début de l’année 1785. Le magicien et alchimiste était originaire de Palerme, mais avait voyagé dans toute l’Europe. Il s’était rendu à Londres, où il s’était lancé dans la contrefaçon de pièces de monnaie, puis à Paris, où il fascinait la cour de Louis XVI par ses dîners en compagnie des morts qu’il faisait parler.
Un Delacroix inconnu – Dans l’église Saint-Denis du Saint-Sacrement, située au numéro 68 de la rue de Turenne, se trouve une peinture sur toile de Delacroix représentant une Pietà. Elle a été peinte en 1844 et constitue une œuvre importante de l’artiste.
La fontaine monumentale porte le nom du chancelier de Louis XIV, Boucherat. La rue de Turenne, qui a changé de nom par la suite, lui était autrefois dédiée. Sur les deux murs latéraux se trouvent une porte et une fenêtre, tandis que sur la façade principale se trouvent deux grands piliers disposés selon une ligne tracée sur le plâtre qui simule la jonction des pierres. Au-dessus de l’arcade de la niche se trouve la tête d’un animal marin aux longs cheveux et à la longue barbe, tandis que sous le fronton triangulaire se trouve un blason avec deux cornes d’abondance et une inscription qui dit « De même que l’heureuse paix conclue par le Roi Louis répandra l’abondance dans la ville de Paris, cette fontaine lui donnera ses eaux. » La paix mentionnée est celle de Ryswyck, signée par le roi en 1697.
Fontaine de Joyeuse – À la hauteur du numéro 41 de la rue de Turenne se trouve une fontaine réalisée par le sculpteur Isidore Boitel, nommée d’après le palais qui se trouvait à cet endroit. Elle est composée de deux piliers ioniques cannelés soutenant un entablement décoré des armoiries de la Ville. Dans la niche se trouve un bassin semi-circulaire surmonté d’un piédestal en marbre blanc, décoré d’hippocampes stylisés. Dans le bassin en forme de coquille, une sculpture en fonte représente un enfant en train de verser de l’eau d’une jarre symbolisant le canal de l’Ourcq. Dans le bas-relief rond de la voûte, au-dessus de la statue, des cygnes et des roseaux sont représentés.
Le Théâtre Libertaire a une histoire intéressante. Construit en 1770 par l’architecte Bélanger pour Charles X, il était destiné au jeu de paume. Après avoir servi de café-concert, il accueillit des spectacles organisés par le mouvement anarchiste avant d’être racheté en 1859 par l’actrice Virginie Déjazet. L’intérieur est décoré de fresques amusantes, dans le style de Daumier, peintre et sculpteur français du XIXe siècle, précurseur de l’expressionnisme, qui peignait des scènes de la vie quotidienne et fustigeait de manière cinglante la société bourgeoise.
La Corderie – Tout près, au numéro 14 de la rue de la Corderie, se trouvait en 1869 le siège de l’Association internationale des travailleurs, le “nouveau Parlement en habits d’ouvriers”. Le journaliste Vallès, fondateur du Cri du peuple et qui donna le signal de la Commune de Paris en février 1871, participa activement aux réunions. Il fut condamné à mort et dut se réfugier à Londres.
Au Moyen-âge, la quasi-totalité du Marais appartenait à l’ordre des Templiers. Sur l’actuelle place de l’hôtel de ville se trouvait leur forteresse avec la Tour du Temple et le donjon qui pendant la Révolution devint la prison de Louis XVI, de Marie-Antoinette et de leur fils. Le cœur de ce dernier, mort de la tuberculose le 8 juin 1795 après une captivité de plus de trois ans, fut déposé dans la crypte de la basilique Saint-Denis le 8 juin 2004. Chaque année, quelques habitants du quartier viennent déposer des fleurs blanches pour lui rendre hommage ainsi qu’à tous les enfants victimes de violences.
De l’aube au crépuscule - Sur la façade du numéro 18 de la rue Perrée adjacente, une série de bas-reliefs représente allégoriquement une journée entière. En haut, une aurore au milieu des nuages. Elle cède la place au soleil. En bas, c’est l’obscurité, une femme s’enveloppant d’un voile. Ses traits cachent ceux de l’auteur de l’œuvre, le sculpteur Rispal.
Rue Payenne 5, 1° étage
Métro : Saint-Paul


À la rue Clotilde de Vaux, dans le 11e arrondissement, un beau buste est dédié à cette femme, née Marie de Picquelmont, collaboratrice d’Auguste Comte dans la création de la religion de l’Humanité.
Institut suédois à l’Hôtel de Marle
11, Rue Payenne
Métro : Saint-Paul, Chemin Vert, Pont-Marie

L’hôtel de Marle fut acheté par le gouvernement suédois en 1965 et destiné à développer les échanges culturels et artistiques entre la France et la Suède. De nombreuses expositions, des concerts, des films, des pièces de théâtre, des conférences et des cours de langues sont proposés. Le bâtiment abrite également les six cents tableaux de l’Institut d’art du Tessin.

Le Café Suédois propose, outre le saumon mariné gravlax, de délicieuses brioches à la cannelle, des gâteaux et des soupes maison… Tous ceux qui le souhaitent peuvent prendre un livre à la bibliothèque et le lire dans le jardin.
Square Georges-Cain
8-14, rue Payenne
Métro : Chemin-Vert, Saint-Paul


Un gazouillis mystérieux – Ne cherchez pas dans les branches le rossignol que vous entendez chanter lorsque le vent se lève. Le son ne vient pas d’un oiseau, mais est produit par un engin électronique créé par Erik Samakh et activé par l’air. La programmation de son gazouillis est assurée par le musée Carnavalet.
Jardin de l’hôtel Saint-Gilles-Grand-Veneur
Rue des Arquebusiers, rue du Grand-Veneur
Métro : Chemin Vert

Hôtel de Cagliostro
Rue Saint Claude
Métro : St-Sébastien Froissart

Parmi les morts célèbres qu’il avait questionnés citons Voltaire, Montesquieu et Diderot. Ses pouvoirs d’hypnose avaient également fait de lui l’idole de la capitale. Malheureusement, la fortune lui tourna bien vite le dos lorsqu’éclata l’affaire du collier de la Reine.
Il n’y était pour rien, mais il fut tout de même emprisonné à la Bastille, jusqu’à être expulsé du pays. Rapatrié à Rome, il fut de nouveau arrêté et emprisonné à vie dans la forteresse de Saint-Léon. Alexandre Dumas fit une adaptation romanesque de ses péripéties.

Fontaine Boucherat
Angle rue Charlot et rue de Turenne
Métro : Filles-du-Calvaire


Théâtre Libertaire de Paris Déjazet
Boulevard du Temple, 41
Métro : République

Le théâtre, dont l’entrée située à côté d’une Brasserie alsacienne est un peu cachée, accueille également des spectacles musicaux. Je n’ai malheureusement jamais eu l’occasion d’assister à une représentation dans cette salle si chargée d’histoire mais je garde un merveilleux souvenir de la fois où je m’y suis rendue pour demander des informations. C’était le matin et un très charmant monsieur (il me rappelait un peu Vittorio Gassman), vêtu d’une grande redingote de velours rouge s’approcha de moi et me parla avec gentillesse et ironie. Je ne sais pas si c’était un acteur, mais une chose est sûre, c’était un grand personnage !

Le nom de « corderie » est dû au fait qu’au XVIIIe siècle, les immeubles donnant sur la petite place triangulaire au début de la rue étaient habités par des artisans qui fabriquaient des cordes.
Square du Temple
Rue du Temple, rue de Bretagne, rue Perrée, rue E. Spuller
Métro: Temple

